Par aarbrest
Je leur laisse le pouvoir, je l'ai déja eu et il m'a fait perdre la tête. Il m'a rabaissé. Je n'étais plus moi-même, je n'étais
plus humain. J'étais une de ces machines à broyer les autres, sans aucun scrupule, sans raison si ce n'est la déstruction de l'autre pour m'élever. Je leur laisse mes pions, ils me servaient bien
trop. J'étais dépendant de la faiblesse des autres, il fallait que tout le monde plie face à moi, je devais tout gagner, tout monopoliser. Ils ne faisaient rien sans mon accord, j'étais une
machine de guerre. J'étais enfermé dans ce pouvoir, dans cette image d'indestructible, d'intouchable. J'en ai vu pleurer des costauds face à mon coeur glacial. Je ne faisais que les humilier pour
qu'il ressentent leur médiocrité, craignent la mienne. Il n'y avait rien au-dessus de moi, j'avais les tout-pouvoirs, j'étais le plus fort, le plus armé... j'avais tout, il n'avait rien et ne me
demandaient rien, attendaient que je leur donne et me remerciaient... j'étais un petit seigneur, un gros con, un mec à qui je mettrais des baffes, un mec qui n'aurait mon respect que dans ses
plus grandes batailles. Je me disais que c'était nécessaire de les mettre à mon rang pour la guerre que je menait et que je mène toujours. Il fallait en faire des soldats, le formatage était
anti-institutionnel, anti-système... nous étions pour la liberté, on a bouffé que de la poussière répréssive. Nos actions étaient ciblées, élaborées pour la chute du légisme. On a bouffé
que de la poussière répréssive. Je leur laisse le pouvoir.